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mardi 14 octobre 2008

Un Topo pour comprendre la crise financière et ses origines

Pour sauver le système bancaire et restaurer la confiance des banquiers et des traders, on nous balance depuis quelques semaines des chiffres que le citoyen n'a pas trop l'habitude d'entendre. 1700 milliards d'euros de la part des européens par exemple :
1 700 000 000 000 euros (presque le PIB annuel de la France).
On entend aussi souvent des termes comme :
Capitalisme (financier, rhénan, anglosaxon, etc.), Libéralisme, Néo-libéralisme, Ultra libéralisme, Subprime, Mondialisation néo-libérale, Globalisation, Solvabilité des banques, etc.
Voici un rappel des définitions de ces mots qui sont utiles à la compréhension de l’économie dans le monde contemporain (monde moderne).

Capitalisme : Système économique fondé sur la déclaration de principe : "la propriété privée est un droit naturel" et "la recherche de l’intérêt individuel mène spontanément à l’intérêt collectif" - "la somme des intérêts individuels recherchés par chacun d’entre nous doit nous mener spontanément à l’intérêt collectif".

Capitalisme rhénan : Très confondu en général avec le Kéynésianisme (mais à juste titre je pense). Le capitalisme rhénan (du latin Rhenus, « le Rhin ») désignait au départ le capitalisme germanique né juste après la deuxième guerre mondiale et celui de toute l'Europe occidentale entre les années 50 et la fin des années 70. En gros, c'est un capitalisme assez régulé dans lequel les partenaires sociaux ont leur mot à dire.

Capitalisme anglosaxon : C'est le capitalisme où ce sont les investisseurs institutionnels et les fonds de pension qui ont l'influence déterminante.

Capitalisme financier : Il n'y a pas vraiment de définition exacte du "capitalisme financier". Mais on peut le définir ainsi : système économique fondé sur la déclaration de principe "Tout pour l'actionnaire".

Libéralisme : C'est d’abord une philosophie politique née à la suite du siècle des Lumières, qui assure la primauté de l’individu et déclare tous les individus libres et égaux. Jusque là ça va (je me sens par exemple très libéral !). Mais c'est aussi devenu une doctrine économique que l’on peut résumer ainsi : "rien ne doit entraver le marché, rien ne doit entraver son fonctionnement » et donc le «politique» doit reculer devant l’«économique».

Néo-libéralisme : C'est une sorte de radicalisation du libéralisme qui s'est imposée dans plusieurs pays à partir du début des années 80. Propulsé par Margaret Thatcher et Ronald Reagan, le néo-libéralisme se caractérise notamment par l'ouverture de nouveaux domaines d'activité à la loi du marché (privatisation des services publics), la libre circulation des capitaux (les actions) sur un marché mondial.
Il faut bien comprendre cette notion de "libre circulation des capitaux" parce que c'est là le nœud du problème de la crise financière que nous vivons. La crise dite des "subprime" (voir définition plus loin) a commencée aux Etats-Unis et s'est propagée à toute la planète.

Mondialisation néo-libérale : La mondialisation (ou Globalisation en anglais) concerne l'ensemble des échanges économiques devenus mondiaux et qui satisfont les critères suivants
- Libéralisation du commerce, supprimer les barrières douanières.
- Concurrence libre de toutes les entreprises dans le monde. Au sein de l'Europe, on l'appelle "concurrence libre et non faussée"
- Libéralisation des mouvements de capitaux, c'est à dire la suppression du contrôle du mouvement des capitaux.


Solvabilité des banques : elle traduit l'aptitude de l'entreprise à faire face à ses engagements en cas de liquidation, c'est-à-dire de l''arrêt de l'exploitation et de mise en vente des actifs. Une entreprise peut donc être considérée comme insolvable dès lors que ses capitaux propres sont négatifs : elle doit alors plus qu'elle ne possède.

Subprime : C'est une forme de crédit hypothécaire, apparue aux États-Unis et destinée aux emprunteurs à risque. C'est bien entendu l'origine de la crise financière actuelle qui va sans doute être appelée dans les livres d'histoire "la crise financière de 2009". Pour bien comprendre l'origine de cette crise, lire : Crise financière : petite fable immorale

Pour finir, je reviens encore une fois sur ce blog à la proposition du visionnaire candidat Sarkozy pendant la dernière campagne présidentielle concernant le crédit hypothécaire.


«Je propose que ceux qui ont des rémunérations modestes puissent garantir leur emprunt par la valeur de leur logement.»
Nicolas Sarkozy, un an avant la crise financière actuelle

jeudi 25 septembre 2008

Crise financière : il faut trouver les coupables !

J'en ai trouvé un. Un certain Nicolas Sarkozy (Ce n'est ni une blague ni de l'anti "sarkozysme" primaire).
Il n'est pas le seul bien évidemment... Mais si on essaye de naviguer sur le site de l'UMP, on trouve très facilement les propositions du candidat Sarkozy à la présidence de la république. C'était, je le rappelle, avant Mai 2007. C'est à dire avant le déclenchement de la crise des "subprime" de l'été 2007.
Nicolas Sarkozy avait dit : "Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d'Europe. Or, une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas en l'avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain...". Il croyait vraiment au modèle du crédit hypothécaire. Il cautionnait donc le système...
Maintenant il nous dit qu'il faut trouver les coupables. Mais il faut arrêter de prendre les gens pour des imbéciles !
Il dit aussi qu'il faut réformer ou moraliser (je ne sais plus) le capitalisme financier. Mais de qui se moque t-on ?. C'était quoi, concrètement, ses propositions pour moraliser le capitalisme financier ? Ah oui, c'est comme si le mollah Omar disait qu'il est pour les droits des femmes en Afghanistan ou comme si Laure Manaudou disait qu'elle veut se convertir à l'Haltérophilie peut être ?
En tout cas, par rapport au dernier discours de Mr sarkozy à Toulon où il n'arrêtait pas de critiquer le système mondial de la finance, on peut au moins saluer le talent d'Henri Guaino (sa plume, c'est à dire celui qui écrit ses discours) mais il manquait une chorale dans la salle pour faire plus beau je trouve...

mardi 23 septembre 2008

Crise financière : petite fable immorale

Source : Le journal Politis du 27 Mars 2008

Il était une fois, aux États-Unis, pays de cocagne, d’aimables philanthropes accourus au chevet des pauvres (pas trop, mais assez pauvres quand même) pour leur offrir de les aider à acheter une maison. Ces bienfaiteurs prêtaient, presque sans contrepartie, de l’argent à qui en manquait. Les pauvres n’auraient qu’à rembourser tout doucement, à leur main, tout en jouissant sans délai de leurs nouveaux murs et de leur petit bout de jardin, récompense inespérée de toute une vie de labeur. Hélas, tout ça était trop beau pour être vrai. Et le généreux donateur n’était qu’un filou. Se prévalant bientôt de la signature qu’il avait obtenue du candide, il faisait observer que le prêt pour ainsi dire gratuit au début ne l’était plus du tout ensuite. Et que la signature faisait obligation au pauvre de rembourser finalement beaucoup plus qu’on ne lui avait prêté. Et cela dans de telles proportions que le pauvre, bientôt incapable de faire face à sa dette, n’avait d’autre recours que de lui céder sa maison. À lui ou à un autre, car, entre-temps, le filou avait revendu l’acte de propriété à un autre filou qui lui-même s’était empressé de le céder, contre finances, à un troisième.

Mais, quand l’acte de propriété parvint au dernier acquéreur, toute la corporation des filous ayant tenté de revendre des maisons mal acquises au même moment, il ne valait plus rien. Alors, tel est pris qui croyait prendre ? La fable des « subprimes » serait-elle donc morale ? Pas vraiment. Car si le pauvre est encore beaucoup plus pauvre, et n’a plus que ses yeux pour pleurer, le premier filou et le deuxième, eux, se sont grassement enrichis avant de s’égailler dans une nature sauvage. Et le dernier, me direz-vous ? Celui qui a acheté un titre de propriété qui ne vaut plus rien, que devient-il ? Lui aussi a perdu beaucoup d’argent. À la fois beaucoup plus que le pauvre, et beaucoup moins à l’échelle de sa fortune. Mais il appartient à la race des puissants. Et, s’il chute, chacun sait qu’il peut entraîner beaucoup de monde dans son naufrage. Tous ceux, notamment, qui ont besoin de son argent pour inventer, demain, d’autres belles et véridiques histoires comme celle des « subprimes ». Dieu merci, au pays de cocagne, il y a un gouvernement pour lui rendre justice... et son argent. Et que fait le gouvernement pour rendre son argent au dernier des filous ? Il prélève un impôt. Et qui le paye, cet impôt ? Eh bien, c’est le pauvre, bien sûr, lui et tous ses semblables. On exagère ? Pas vraiment, car si notre fable ­ parfaitement immorale ­ s’arrête là, c’est qu’elle est tout juste sur le point d’être rattrapée par la réalité. Il est de plus en plus fortement question que l’État américain cautionne ces prêts immobiliers réduits à néant. Selon un économiste, cité lundi par le Monde, cela devrait coûter « au moins 500 milliards de dollars au contribuable américain ».

Ce qui fait beaucoup de pauvres qui paieront longtemps, très longtemps, pour rembourser une dette qui n’est pas la leur et effacer une turpitude dont ils ne sont pas coupables, et dont certains ont été les premières victimes. Et si cela ne se fait pas, alors c’est tout le « système » qui s’effondrera, affamant des millions de petites gens. Les mêmes, toujours les mêmes. L’histoire est édifiante. Elle n’a qu’un défaut. Dans la réalilté, ces « filous » ne sont pas vraiment des filous. On les a reconnus : ils sont courtiers, et, en bout de chaîne, banquiers. Ils ne font que leur métier. Ils ne commettent aucun délit. C’est le système tout entier qui est « filou ». Cette arnaque n’est pas une arnaque, c’est ce qu’on a coutume d’appeler le « capitalisme financier » ou le « néolibéralisme ». Les gros spéculent, les petits sont spoliés. Normal. C’est la règle d’un système sans règles. Et cette déréglementation planétaire, ce sont des politiques qui l’ont voulue. On pourrait imaginer qu’ils s’en repentent. Surtout quand ils sont ­ comment dit-on ? ­ « de gauche », et se réclament de la défense des pauvres. Mais pas du tout, ils en rajoutent au contraire.

C’est ainsi que le tout récent traité de Lisbonne (celui qui n’a même pas été soumis au suffrage du peuple) confirme le système et l’institutionnalise en Europe. Voyez cet article 56, qui interdit toute entrave à la circulation des capitaux et prive les politiques de tout moyen d’action. En nous associant à la pétition d’économistes européens qui en demandent l’abrogation, nous n’avons certes pas l’illusion d’endiguer comme par magie la crise qui nous menace. Mais nous voulons au moins marquer un coup d’arrêt et commencer à rendre à la politique son pouvoir sur cette finance si imaginative quand il s’agit de capter pour elle toutes les richesses du monde.


"[...] Les ménages français sont aujourd’hui les moins endettés d'Europe. Or, une économie qui ne s'endette pas suffisamment, c'est une économie qui ne croit pas en l'avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain [...]"
Nicolas Sarkozy

mardi 24 juin 2008

Pourquoi le prix du baril de pétrole augmente ?

Comment le prix se négocie ?
Au NYMEX (New York Mercantile Exchange), qui est le marché new-yorkais du pétrole et des matières premières, on n’achète pas et on ne vend pas de pétrole physique. On achète et on vend des contrats à terme (quelques mois). Ainsi, chaque jour à la bourse de New York, il y a des offreurs et des demandeurs pour acheter des morceaux de papier. Aujourd’hui, les bourses du pétrole négocient environ 200 millions de barils par jour, plus que le double du pétrole réellement produit. Et seulement environ 5 % du pétrole négocié sur le NYMEX se traduit par une livraison physique, parce que les positions sont habituellement fermées avant que les contrats n'expirent.

Vendre du papier pour gagner des fortunes
Ainsi, au NYMEX on n’achète pas le pétrole mais on paie un certain montant pour pouvoir l’acheter à un prix donné et à une date donnée. Entretemps, le prix peut beaucoup augmenter. Aussitôt, le contrat (promesse d’achat à un prix donné), le bout de papier lui-même, prendrait beaucoup de valeur. Au MYMEX, ce sont ces contrats qui s’achètent et se vendent à des prix qui fluctuent selon les rumeurs et on y fait donc surtout de l’argent en vendant du papier.

Comprendre la spéculation
Un seul exemple :
Une seule déclaration de Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE) le jeudi 5 juin 2008 a fait grimper le prix du baril, en une seule journée à New York, de 129 à 139 dollars . 10 dollars de plus en une seule journée. C'était du jamais vu. Keynes avait appelé cela "le comportement moutonnier" des spéculateurs : tout le monde veut acheter en même temps en suivant des rumeurs sur le marché.

Les spéculateurs représentent environ 71% des échanges sur le NYMEX
Selon une enquête réalisée par des parlementaires américains et dont le Wall Street Journal a obtenu copie, les spéculateurs au NYMEX représentent environ 71% des échanges contre 37% en 2000. Ce sont de grands spéculateurs, des fonds de pensions gigantesques, qui ont pris le contrôle des transactions du marché. Ce sont des gens qui y vont de leurs milliards et qui ne veulent surtout pas perdre d’argent.

Que faire pour sortir de la crise ?
Il faut dire NON au capitalisme financier. Il faut qu'une majorité au sein de la classe politique s'oppose à ses pratiques. Le président Sarkozy avait promis récemment de faire des "propositions" pour "moraliser" le "capitalisme financier". Mais en même temps il veut appliquer le traité constitutionnel pour l'Europe ou Traité de Lisbonne qui offre au capital financier, dont les grands spéculateurs, les conditions de son emprise écrasante sur la société.
Des opérations esc@rgot sur le Web ?
L'idée est la suivante :
Un nombre très important d'internautes se connecte sur le site du NYMEX (et sur d'autres sites) presque en même temps. L'objectif étant de saturer leurs serveurs et le message est tout simplement : on en a marre de vos pratiques.
A suivre, peut être...

Voir aussi
http://monde-moderne.blogspot.com/2007/11/le-prix-du-ptrole-quand-les-spculateurs.html

mardi 27 mai 2008

Bilderberg 2008

Le groupe Bilderberg
Si l'on en croit le deuxième journal néerlandais "AD", l'élite de la planète va se réunir cette année entre le 05 et le 08 juin 2008 à Chantilly près de Washington. Le journal nous apprend que le premier ministre néerlandais ainsi que son ministre des affaires étrangères sont appelés à assister à la conférence annuelle des Bilderberg où de grandes décisions politico-économiques à l'échelle de la planète sont discutées entre "grands" dirigeants du monde dans le PLUS GRAND SECRET.
L'ambassade des Pays-bas aux Etats-unis avait publié, le 16 Mai dernier, sur son site Internet l'annonce de la visite du premier ministre néerlandais à Washington en signalant sa participation au meeting de Bilderberg (voir snapshot ci-dessous)

Quelques jours plus tard, la phrase faisant allusion au groupe Bilderberg a été supprimée.

Le groupe Bilderberg et son influence : conspiration, théorie du complot ???
Lorsque les présidents des banques centrales, des PDG des grandes firmes transnationales ainsi que des "grandes" personnalités politiques se réunissent dans le secret, je pense que ce n'est pas pour se raconter des blagues. Ce sont les grandes décisions politiques et économiques à l'échelle de la planète qui sont discutées. Ni plus ni moins...

Pour Patrick Devedjian (secrétaire général de l'UMP), ceci est de la pure conspiration. Il reconnait au moins l'existence de groupes comme Bilderberg ou la Trilatérale (voir vidéo ci-dessous) : "moins de 10% des Français connaissent l'existence du groupe Bilderberg" C'est peut être vrai. Il avoue sa dernière participation à la conférence de la Trilatérale (dont plusieurs membres font aussi partie du groupe Bilderberg) au Canada tout en ajoutant que se sont des "conférences dans lesquelles on parle des grands problèmes du monde, des problèmes monétaire, etc." et, pour lui, ce n'est pas du tout choquant le fait que ces réunions se tiennent dans le plus grand secret sans conférence de presse comme c'est habituellement le cas à la fin du sommet de Davos ou du G8 par exemple.





Pour Yves Calvi et Jean-François Khan, Bilderberg : JAMAIS ENTENDU PARLE !
Les deux journalistes affirment, dans l'émission C dans l'air de France 5 (voir vidéo ci-dessous), n'avoir jamais entendu parlé du groupe Bilderberg. Le premier est journaliste depuis 20 ans et le deuxième depuis plus de 50 ans. C'était dans les années 50 où Mr Khan est devenu journaliste et paradoxalement c'était dans la même période où s'est tenue la première réunion du groupe (en 1954) !!
50 ans d'ignorance ou plutôt de la malhonnêteté intellectuelle ?




J'invite Jean-François Khan, Yves Calvi et les autres à lire la réponse de Romano Prodi justifiant (au nom de la commission européenne) la participation de quelques membres de la commission aux réunions annuelles du groupe C'EST DANS LE SITE INTERNET DU PARLEMENT EUROPEEN

Réunion de 2003 à Versailles et liste des participants:
http://monde-moderne.blogspot.com/2007/03/les-bilderbergers-ceux-qui-gouvernent.html

Réunion de 2007 en Turquie et liste des participants:
http://monde-moderne.blogspot.com/2007_05_01_archive.html

"Pour être libre, il faut être informé"
Voltaire

lundi 14 avril 2008

Quand la flambée des prix alimentaires produit des émeutes de la faim

Les émeutes de la faim
Et oui ça commence à occuper une place dans les médias. On commence (dans les pays riches) à parler des gens des pays pauvres qui sortent dans la rue parce qu'ils ont faim ou/et parce qu'ils protestent contre la flambée des prix alimentaires :
40 morts au Cameroun. Deux morts à Abidjan. Un mort en Egypte. Des blessés et des centaines d’arrestations au Burkina Faso et au Sénégal. 44 blessés par balle à Haïti. Des manifestations à Mexico, au Yémen et à Sefrou au Maroc, etc. etc.


Les causes de cette flambée des prix sont multiples, parmi lesquelles :

- La spéculation à la bourse de Chicago : pour absorber leurs pertes liées à la crise immobilière américaine (crise des subprimes), les traders se reportent maintenant sur les matières premières agricoles. Après quelques émeutes, l'Égypte a annoncé le jeudi 27 Mars 2008, l'arrêt temporaire de ses exportations du riz. Le vendredi 28 Mars 2008, le prix du riz dans la bourse de Chicago a augmenté de 30%.
Voici les chiffres de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) concernant la hausse des prix alimentaires (entre Mars 2007 et Mars 2008) :


- L'industrialisation des agro carburants : le bio-éthanol et le bio-diesel. C'est à dire qu'on préfère bruler du Maïs ou du blé pour remplir le réservoir de sa voiture pendant que des gens crèvent de faim. Comme il le dit bien Jean Ziegler (rapporteur spécial des nations unis pour le droit à l'alimentation), c'est un véritable crime contre l'humanité.

et
- Les plans d'ajustement structurels du FMI et de la Banque Mondiale :
En échange des prêts accordés aux pays en voix de développement, le FMI et la Banque Mondiale obligent ces pays à respecter leur politique de "récupération des couts". C'est à dire libéraliser des secteurs comme l'agriculture (entre autres) pour permettre à des investisseurs étrangers de venir s'y installer et obliger ces pays à orienter leurs production de matières premières d'exportation. Pour les experts de ces deux institutions, les pays tropicaux, semi-tropicaux ou semi-arides n'ont pas intérêt à cultiver du riz (par exemple). Pour ces experts, le riz doit être cultivé en Thaïlande ou en Viêtnam (avantages naturels).
Le petit documentaire de la BBC (Quand le FMI fabrique la misère) ci-dessous montre l'exemple du Ghana qui, à cause des suppressions des subventions locales imposées par le FMI et la Banque Mondiale, dépense maintenant 100 millions de dollars par an pour importer du riz des états-unis.

Suppressions des subventions locales aux paysans, libre échange, spéculation sur les matières premières. Il est temps que ça s'arrête.



Le FMI et la Banque Mondiale : la sélection naturelle passe par la survie du plus fort (darwinisme économique)

dimanche 6 avril 2008

Pourquoi le gouvernement veut "réformer" le système des retraites ?

Des Réformes...
Sur les retraites comme sur bien d’autres sujets socio-économiques, le gouvernement s'est "engagé" à appliquer des réformes. Dans le domaine économique, une "bonne" réforme est censée avoir comme objectifs la diminution du taux de chômage, l'accroissement du revenu par tête et le PIB par habitant, la réduction des inégalités de revenu, la réduction de la dette publique, etc. Ce qu'on constate depuis des dizaines d'années (surtout lorsque c'est la droite qui est au pouvoir) est que le mot réforme prend un autre sens. Au-delà de quelques petites mesurettes, un gouvernement de droite ne fait rien pour défendre les intérêts des plus démunis, pour rééquilibrer le marché de l’emploi et donc rééquilibrer le partage de la richesse nationale.

"Sauver" le système des retraites, disent-ils
L'époque donc où le mot réforme était synonyme de progrès social est révolue. Quand François Fillon dit qu’il veut sauver le système des retraites en allongeant la durée de cotisation des salariés, il est (c'est vrai) tout a fait cohérent dans son discours. C'est en effet une des solutions possibles mais ce n'est pas la seule. C'est surtout la solution qui est la moins favorable aux salariés. Même le Conseil d'Orientation des Retraites (COR) montre dans ses rapport officiels qu'il y a plusieurs scénarios possibles et un de ces scénarios consiste à faire fonctionner le système des retraites actuel en augmentant les cotisations.
Oui il faut que les cotisations patronales augmentent, c’est le capital qui doit mettre la main à la poche et pas toujours les salariés.
Rappelons que la part des salaires dans la valeur ajoutée a chuté de 10 points entre 1980 et 2000. C'est à dire que 10% du gâteau sont passés sous le nez des salariés et évidemment ce qui a été perdu par les uns a été gagné par les autres (ça représente à peu près 200 milliards d'euros en 20 ans : 11% du PIB annuel).


Financer les retraites des "inactifs" par des "actifs" qui diminuent en nombre ?
Il y a trois arguments qui sont toujours répétés par le gouvernement pour défendre sa "réforme" : l'espérence de vie qui augmente, le ralentissement de la fécondité et le phénomène du baby-boom (l'augmentation importante du taux de natalité juste après la fin de la Seconde Guerre mondiale) qui se transforme en papy-boom.
Ces arguments sont incontestables. D'après l'INSEE, en 2050, il n’y aurait plus que 1,4 "actif" pour un "inactif" de plus de 60 ans, contre 2,2 en 2005. Mais deux questions peuvent être posées :

1- Combien va produire un salarié en 2050 par rapport à celui de 2005 ? Autrement dit, comment évolue la productivité des "actifs" hier et aujourd'hui et comment est-elle supposée évoluer demain ?
2- Comment va évoluer la part des salaires dans la valeur ajoutée, entre maintenant et 2050 ?

Problème du financement en 2050 ?
Non, voici une petite démonstration :

Reprenons les chiffres de l'INSEE :
En 2005 : 2,2 "actifs" pour 1 "inactif" (de plus de 60 ans)
En 2050 : 1,4 "actifs" pour 1 "inactif" (de plus de 60 ans)
=> une baisse d'actifs de 36,36%, sur 45 ans
=> 0,8% d'actifs de moins par an (en moyenne)

Concernant la productivité des "actifs", la France est classée parmi les premières au monde (le gouvernement omet souvent cette réalité). Depuis un siècle, la productivité des "actifs" en France augmente chaque année d'au moins 1,5% (voir figure ci-dessous), source site banque de France.


En 2003, le premier ministre de l'époque avait affirmé qu’en « 1960 il y avait 4 actifs pour 1 retraité ; en 2000, il n'y en a que 2». C’est exact mais : à eux seuls, les deux actifs de 2000 produisaient 1,5 fois plus que les quatre de 1960 ! Et il n'y a pas de raison (vu la courbe de la figure précédente) pour que les 1,4 de 2050 ne produisent pas plus que les 2,2 de 2005.

Il est où le problème alors ?
Malgré la diminution des "actifs" par rapport aux "inactifs", le système actuel dit par répartition peut fonctionner puisque la productivité des "actifs" augmente tout les ans. Mais si les cotisations patronales baissent voire disparaissent (c'est ce que revendique le patronat), si les salaires n'augmentent pas, si le chômage réel (et pas les chiffres biaisés du ministère de l'emploi) ne diminue pas, alors là il y aura un problème effectivement.

Passer du système par répartition à un système par capitalisation
En gros, le gouvernement veut appliquer les recommandations libérales de la banque mondiale : passer de la répartition à la capitalisation, c’est-à-dire aux fonds de pension où chacun a sa retraite placée en Bourse. C'est à dire les gens seront obligés de cotiser 41, 42 voire 45 ans (et pourquoi pas plus) pour garder 75% de leurs salaires ou alors ils seront libres de partir à 60 ans s'ils avaient mis de l'argent dans des fonds de pension. Mais ils sont libres jusqu’au point où ils peuvent le faire.
M. Fillon ne prépare pas, tout simplement, des retraités pauvres ?
Rappelons aussi que Guillaume Sarkozy (le frère ainé du président) est à la tête d'un groupe de retraites complémentaires.

Croire encore en Sarkozy, Fillon et leurs amis = monter un peu plus haut dans l'échelle des illusions


mardi 26 février 2008

Comprendre et faire face à la mondialisation néolibérale

Est ce que la mondialisation est un aboutissement naturel et inéluctable de l'évolution de l'économie ?
La réponse est non. C'est le résultat de décisions politiques et de choix idéologiques pour satisfaire une catégorie très minoritaire des gens (les élites dans le sens fortuné du terme).
A la fin des années 70, des décisions politiques pour libéraliser l'économie (Keynésienne auparavant dans tout le monde occidental) commencèrent à se multiplier. C'est lors des réunions du G7 (les 7 pays les plus puissants économiquement), que des choix ont été pris pour instaurer une "libre" concurrence pour le commerce international, pour libéraliser les mouvements des capitaux et pour une financiarisation de l'économie en général : Le modèle néolibéral de l'économie a connu le jour.

28 ans plus tard
Maintenant nous sommes dans un modèle économique où la concurrence est à son apogée. En profitant de cette concurrence, les grands patrons des entreprises européennes veulent avoir des salaires comparables à ceux de leurs homologues américains tandis que les ouvriers européens voient leurs salaires s'aligner sur ceux de leurs homologues chinois. En même temps, on parle presque tous les jours de "restructurations des entreprises pour s'adapter au monde moderne" et aux "aux grands défis de la mondialisation". Une restructuration c'est, par exemple, ce que vient d'annoncer Lakshmi Mittal (le PDG du groupe Arcelor-Mittal, numéro un mondial de la sidérurgie) en voulant supprimer 595 emplois dans le site de Gandrange en Moselle. Le groupe Arcelor-Mittal compte 320 000 employés dans le monde et est présent dans 60 pays. Une restructuration signifie pour lui le déplacement d'une partie de sa production vers des pays où les ouvriers sont payés moins de 100 euros par mois (voir ci-dessous). Le but étant d'augmenter ses profits et ses dividendes.

Nos politiques dans tout cela

Restons sur le cas d'Arcelor-Mittal. Après l'annonce fin Janvier dernier de la suppressions des 595 emplois en Moselle, Le PDG du groupe a été reçu par le président Sarkozy à l'Elysée. Après son entretien avec le chef de l'Etat, Mr Mittal promet de « se donner un temps [jusqu'en Avril] de réflexion supplémentaire » pour analyser les propositions syndicales. Jusqu'en Avril, c'est à dire juste après les municipales !
Attendant donc Avril pour bien comprendre ce qui s'est passé lors de la rencontre de Mr Mittal avec le président qui a déclaré récemment «J'aime les usines, c'est mon truc

Où vont ces emplois ?

Les suppressions d'emploi et les fermetures d'usines ne cessent d'augmenter, en Europe mais aussi dans des pays qui étaient (il y a encore quelques années) très bons marché pour les multinationales. Le Maroc et la Tunisie, dans le domaine du textile, constituent un bon exemple. Le SMIC au Maroc est de 180 euros / mois pour 44 heures travaillées par semaine. En Tunisie, il est de l'ordre de 140 euros pour une base de 48 heures de travail par semaine. En Chine, le Revenu moyen d'un ouvrier est de 76 euros par mois pour une durée de travail hebdomadaire qui, en général, dépasse les 70 heures par semaine.
Le résultat fait qu'une bonne partie des grandes entreprises, après avoir quitté l'Europe et les Etats-Unis pour le Maroc et la Tunisie, se dirigent maintenant vers la Chine et l'Inde.

Faire face à la mondialisation néolibérale
Un des moyens qu'ont les citoyens dans les pays où il reste un peu de démocratie est de bien voter. Et "bien voter" passe d'abord par l'obligation de comprendre un minimum des (en)jeux économiques au sein de certaines organisations internationales comme l'OMC, le FMI et la Banque mondiale. "Bien voter" nécessite la compréhension des idéologies des Hommes politiques, cela nécessite aussi de ne pas se faire piéger par les étiquettes qu'on colle à certaines personnalités politiques.
Ce que peuvent faire ces citoyens c'est aussi interpeler leurs politiques pour obliger la Chine à respecter les règles du Bureau International du Travail. C'est à dire respecter la durée légale de travail qui est de 40 heures/semaine dans ce pays, fixer le SMIC comme salaire minimum pour tous les employés Chinois et pas seulement ceux de la cote sud-est, etc.
Les citoyens européens peuvent aussi demander à leurs politiques d'imposer un tarif extérieur commun au sein de l'Europe à tous les pays qui ne respectent pas les droits de leurs travailleurs. C'est une sorte de néo-protectionnisme qui ouvre les barrières douanières à la Suisse et au Canada et les ferme un peu à la Chine, à l'Inde et à tous les autres pays où les employés n'ont pas de salaire décent et des conditions de travail décentes.

Néanmoins, tout cela n'est pas facile et ne peut, malheureusement, pas se réaliser du jour au lendemain mais une prise de conscience me parait nécessaire pour préparer l'avenir des générations futures.

mardi 29 janvier 2008

Le moral des ménages Français est au plus bas depuis 1987

C'est à dire depuis la création, par l'INSEE, des indicateurs pour "mesurer" l'opinion qu'ont les ménages sur leur environnement économique et sur certains aspects de leur situation économique personnelle.
Le résultat de l’enquête réalisée auprès des ménages en janvier confirme la dégringolade observée depuis Juin 2007. En effet, l'indice "de confiance du consommateur" a encore chuté de 4 points en mois de janvier. Cet "indicateur résumé d'opinions des ménages", correspond à la Moyenne arithmétique des cinq indicateurs suivants :

- Situation financière personnelle - évolution passée
- Situation financière personnelle - perspectives d'évolution
- Opportunité d'acheter
- Niveau de vie des Français - évolution passée
- Niveau de vie des Français - perspectives d'évolution

"La confiance des Français se mérite, mais surtout elle se respecte".

François Fillon
Extrait du discours prononcé lors du Conseil National de l'UMP - 14 Mai 2007

jeudi 24 janvier 2008

Les caisses sont vides, nous remboursons les riches

Des caisses vides
P
endant sa dernière conférence de presse, M. Sarkozy a lâché devant 600 journalistes une phrase que toutes les chaines (privées et publiques avec pub) ont ignoré :
« S'agissant du pouvoir d'achat, qu'attendez-vous de moi ? Que je vide des caisses qui sont déjà vides ou que je donne des ordres à des entreprises à qui je n'ai pas à donner d'ordre. »
Les caisses sont peut être vides mais pas pour tout le monde.

Grâce au bouclier fiscal
-
468 contribuables parisiens viennent de se partager un chèque de 42,847 millions d'euros, soit un chèque, pour chacun de ces foyers, de 91 555 euros. Source
- En septembre 2007, 2398 contribuables ont touché chacun 50.000 euros en moyenne grâce au bouclier fiscal. Source
- Une riche héritière a reçu un chèque de trop perçu de 7,7 millions d'euros. Source
- 27 000 euros par personne, pour plus de 1 000 sportifs professionnels. Source



L'espoir pour la France

On m'a dit aujourd'hui que l'espoir pour la France en 2012, c'est le "retour" de Dominique Strauss-Khan !
Ce n'est pas lui, en tant que ministre des finances, qui avait demandé que l’impôt sur les stock-options soit inférieur à l’impôt normal et qu’ainsi un patron bénéficie d’un système fiscal dérogatoire par rapport à sa secrétaire ? Ce n'est pas lui qui est Directeur du FMI actuellement ?

Voici des extraits du dernier rapport du FMI sur la France et qu'on peut trouver facilement sur la page d'accueil du site de l'organisation :

« L'élection d'un nouveau président et la nomination d'un gouvernement ouvertement réformateur offrent à la France l'occasion historique de renouer avec une croissance soutenue où chacun verrait ses opportunités accrues »

« Par conséquent, nous saluons la décision de ne pas accorder de coup de pouce au SMIC en 2007 et suggérons qu'elle soit pérennisée ».

« L'objectif d'assouplissement des 35 heures est louable, car il permet aux entreprises de bénéficier d'une plus grande souplesse et de réduire leurs coûts salariaux indirects ».

Revoir le « licenciement économique, de manière à faciliter les ajustements de main-d'œuvre sans passer par la solution, coûteuse, du licenciement individuel ».

«Le système judiciaire devrait moins intervenir dans les relations entre employeurs et salariés».

L'espoir pour la France c'est le jour où les gens comprendront qu'il y a une grande différence entre "des gens de gauche" et "des gens catalogués à gauche mais qui sont idéologiquement de droite"

mardi 18 décembre 2007

Privatiser la société : Les -en-jeux de l'OMC

Quand on veut faire du libéralisme en économie mais pas en politique

Le "libéralisme" est une doctrine économique qui inspire le capitalisme mais c'est aussi une philosophie politique qui assure la primauté de la personne humaine et déclare tous les individus libres et égaux. Au sein de l'OMC, on s'occupe bien de la libre circulation des marchandises. L'égalité des individus ? peut être, mais plutôt pour faire en sorte qu'un européen et un chinois aient le même salaire (celui du chinois).

Depuis Montesquieu et les grands libéraux du siècle des lumières (libéraux, au sens politique du terme), on sait qu'une séparation des pouvoirs est nécessaire dans une démocratie. Au sein d'un état ou d'une institution internationale, les pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires doivent être séparés.
A l'OMC (Organisation Mondiale du Commerce), on fait les lois, on les exécute, et on punit les états qui ne les appliquent pas (par le biais de l'organe du règlement des différends). Son droit et les accords qu'elle gère s'appliquent directement dans des états membres. Elle s'occupe du commerce international. Mais le mot "commerce" à l'OMC ce n'est pas seulement l'activité tournée autour de la circulation des marchandises, ce sont les brevets sur les OGM et sur la bio-piraterie qui font, par exemple, que les malades du SIDA dans les pays pauvres ne peuvent pas se soigner. Et ce sont aussi les accords multilatéraux qui visent à privatiser les services publics (l'hôpital, l'université, les centres de recherche, la poste, les chemins de fer, la distribution de l'eau et de l'électricité, etc.)

Accord Général sur le Commerce des Services - AGCS -

Depuis sa création en 1994, l'OMC est fondée sur douze accords. Parmi ces accords, il y a celui sur l'agriculture, sur le commerce des biens marchands non agricoles, l'accord sur la propriété intellectuelle mais aussi un accord qui couvre tout le champ des services (c'est à dire toute l'activité humaine, ou presque). L'objectif est la libéralisation (privatisation) de tous les services (publics ou non) parce que, tout simplement, l'union européenne et les états unis (l'OMC) considèrent que rien ne doit entraver la libre concurrence dans un secteur donnée.
Lorsque le premier ministre Français dit "la réforme de l'État c'est moins d'État", il est en parfaite cohérence avec la vieille idée libérale qui consiste à considérer que l'état doit reculer et le marché doit régner en maître.

Voici ce qu'on peut trouver sur le site de l'OMC concernant l'AGCS :

"Désireux d'établir un cadre multilatéral de principes et de règles pour le commerce des services, en vue de l'expansion de ce commerce dans des conditions de transparence et de libéralisation progressive" ... "les “services” comprennent tous les services de tous les secteurs à l'exception des services fournis dans l'exercice du pouvoir gouvernemental".
C'est intéressant mais les seuls services exclus de cet accord sont : la police, l'armée, la justice et l'émission de monnaie.
Tout le reste est dans la ligne de mire de cet accord.
Voir : http://agcs.free.fr/agcst_fr.html

Travaux pratiques

Energie
: Nicolas Sarkozy l'avait assuré, "il n'y aura pas de privatisation d'EDF, ni de GDF". Maintenant tout le monde sait qu'il avait menti. ça se fait à petites doses bien évidemment. Sarkozy vient d'annoncer que l'État actionnaire va vendre des titres EDF. Ce sont 5 milliards d'euros qui vont être attribués aux entreprises pour financer la "modernisation" des universités françaises.
Chemins de fer : En France, c'est évidemment une compagnie nationale qui gère les chemins de fer (SNCF). Le réseau Français est le plus sûr et le plus performant d'Europe.
La "privatisation de la SNCF n'est envisagée par personne" dit Guillaume Pepy, directeur général exécutif de la SNCF. Et les directives de libéralisation, de dérèglementation et de privatisation du trafic ferroviaire européen? Que faire de l'AGCS ?

Hôpital : La santé est aussi un service qu'il faut libéraliser selon l'AGCS. Dans un hôpital on ne paie pas le prix réel des soins, on paie une cotisation. C'est la sécurité sociale qui paie pour nous en utilisant nos impôts. Les soins intensifs, c'est minimum 1500 euros par jour. Je n'arrive pas à imaginer ce que ça peut être si ce service public disparait.

Education Nationale : presque 12000 suppressions de postes de fonctionnaires en 2008. Ah oui, "réformer l'Etat c'est moins d'Etat", j'avais oublié !

Poste : C'est une directive européenne (une application directe de l'AGCS) qui vise la privatisation de la poste en 2011.
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2006-10-19-La-Poste


"il n'y aura pas de privatisation d'EDF, ni de GDF"
Nicolas Sarkozy
"ce qui me bouleverse, ce n'est pas ton mensonge, mais c'est de ne plus te croire"
Friedriech Nietzsche

lundi 19 novembre 2007

Comment les idées néolibérales ont-elles trouvé place dans l'opinion publique en France ?

Pendant ces 25 dernières années, l'opinion publique en France s'est-elle penchée à droite ?

Le contexte politico-économique d'il y a presque 25 ans
A la fin des années 70, avec tous les problèmes que le monde occidental avait connus (chocs pétroliers, inflation, etc.), les théoriciens du néolibéralisme commencèrent à critiquer fortement les politiques économiques de l'époque, c'est à dire l'État Keynésien (régulation de l'économie par l'État). Et pendant que Thatcher et Reagan prennent le pouvoir, respectivement en grande bretagne (1979) et aux états-unis (1980), les Français votent pour un socialiste (François Mitterrand, en 1981). Un ancien collègue m'a raconté une petite anecdote concernant la première élection de Mitterrand. Il m'a dit qu'il était dans le train et au moment où le conducteur a annoncé sa victoire (de Mitterrand), ses voisins ont eu peur. Ils se sont demandé quand les chars soviétiques allaient débarquer sur Paris !

Les deux premières années de Mitterrand
Entre 1981 et 1983, le gouvernement a appliqué de vraies réformes de gauche :
  • Augmentation du SMIC de 10 %, des allocations familiales et logement de 25 %, handicapés de 20 %.
  • Retraite à 60 ans.
  • Semaine de 39 heures (durée légale du travail).
  • 5e semaine de congés payés.
  • Lois Auroux sur le droit du travail
  • Loi Quilliot sur les droits et les devoirs des bailleurs et locataires.
  • Nationalisation de banques (les 36 premières banques de dépôt, ainsi que Paribas et Suez) et de grands groupes industriels (CGE, PUK, Saint-Gobain, Thomson).
  • Autorisation des radios locales privées.
  • Création de l'impôt sur les grandes fortunes (supprimé en 1987, rétabli en 1988 sous le nom d'ISF, Impôt de solidarité sur la fortune).
  • Abolition de la peine de mort.
  • (source : l'encyclopédie Wikipédia)
Le grand virage
Vers la fin de 1983, toutes ces bonnes réformes ont commencé à créer de vraies difficultés pour le gouvernement parce que la France faisait partie du G7 et devait donc se rapprocher au maximum des nouvelles politiques économiques ultra-libérales dictées par Thachter et Reagan (il y a d'autres raisons qui ont fait que Mitterrand a changé de politique).
Pendant ce temps là, certaines personnalités influentes du monde intellectuel et des grands chefs d'entreprises regardaient surtout ce qui se passait dans le monde anglo-saxon et c'est là par exemple que la fondation Saint-Simon a été crée.

Les groupes d'influence politico-médiatiques (Think tank en anglais) ont un rôle déterminant pour changer une idéologie dans un pays. Pour les libéraux, ce sont des chefs de grandes entreprises, des intellectuelles et journalistes qui sont de droite mais aussi des gens catalogués à gauche (ces derniers étant très appréciés), qui se réunissent régulièrement non pas pour raconter des blagues mais pour voir comment ils peuvent appliquer leur cahier des charges et profiter des compétences/postes des uns et des autres. Pour eux, ceci est pour l'intérêt de leurs entreprises/pays.
Le groupe d'influence le plus connu et le plus puissant dans le monde porte le nom de bilderberg. Voir :
http://monde-moderne.blogspot.com/2007/03/les-bilderbergers-ceux-qui-gouvernent.html
http://monde-moderne.blogspot.com/2007/05/ce-que-les-mdias-nous-cachent.html

Fondation Saint-Simon
Cette fondation a été créée en 1982. Elle a été financée (en partie) par quelques entreprises nationalisées auparavant par le gouvernement de François Mitterrand (Saint-Gobain et Suez, entre autres). Selon Pierre Rosanvallon, qui est l'un des fondateurs de ce groupe, « la fondation Saint-Simon a été créée après le tournant de 1981, pour mettre sur pied un espace d'échange social et de production intellectuelle totalement indépendant, différant à la fois des clubs politiques et des institutions universitaires ». C'est la version officielle.
Mais l'objectif de la fondation était, sans doute, autre chose.

Parmi les membres de cette fondation, on peut citer :
  • Alain Minc : Administrateur de nombreuses sociétés et ancien conseiller économique d'Edouard Balladur.
  • Jean-Pierre Elkabbach Journaliste.
  • Roger Fauroux : Enarque. Inspecteur des finances, ancien président de Saint Gobain et Ex-directeur de l'ENA.
  • Jean-Louis Beffa : Président de Saint-Gobain. Membre du conseil de surveillance du Monde. Ancien vice-président de la Compagnie Générale des Eaux (renomée Vivendi, puis Veolia environnement).
  • Jean-Luc Lagardère : Ancien président du groupe Matra-Hachette (qui contrôle de nombreux médias).
  • Christine Okrent Journaliste, épouse de Bernard Kouchner.
  • René Thomas : Ancien président de la BNP, administrateur d'Havas, Saint-Gobain, Elf, CGE, Banexi, Chargeurs, Matra-Hachette.
  • Jean Daniel : ancien Directeur du Nouvel Observateur.
  • Serge July : Ancien Directeur du journal Libération.
La plupart des membres de la Fondation Saint-Simon se retrouvent aujourd'hui dans une autre organisation très similaire Le Siècle (Claude Bébear, Rachida Dati, Patrick Poivre D'arvor, Nicolas Sarkozy, DSK, etc.)

La “ modernité ” contre les “ archaïsmes ”
Dans les émissions télé des années 80, il y avait déjà des tentatives (réussies) pour montrer, d'une manière indirecte, à l'opinion publique que pour sortir d'une crise économique il n'y a pas d'autres issues, il n'y a que les politiques néolibérales qui peuvent marcher, en faisant allusion à la Grande Bretagne et aux États-unis. On peut citer l'émission d'Yves Montand "VIVE LA CRISE" ou celle de Bernard Tapie sur TF1 "AMBITION", etc.
La modernité, c'est à dire des "réformes" néolibérales (suppression de presque 12000 postes dans l'éducation nationale, allongement de la durée de travail, etc.). Les archaïques sont des salariés de la SNCF, par exemple, accrochés à leurs privilèges (et bientôt tous les salariés grèvistes du pays).
Je pense que c'est le message que donnent les grands médias en général.

Quelques liens :
http://www.monde-diplomatique.fr/1998/09/LAURENT/10967
http://dsedh.free.fr/transcriptions/halimi19.htm

"Notre travail est de donner aux gens non pas ce qu'ils veulent, mais ce que nous décidons qu'ils doivent avoir."
Richard Salant, ex-président de CBS News



mercredi 7 novembre 2007

Le prix du pétrole : Quand les spéculateurs financiers prennent le monde en otage

Il y a presque un mois, j'avais entendu à la radio un journaliste dire (au sujet de la flambée du prix du baril du pétrole) : "Avant on se posait la question, Est ce que le prix du baril atteindra les 100 dollars. Maintenant, la question qu'on se pose est : c'est pour Quand ?"
Aujourd'hui à New York, ce prix a atteint les 98 dollars. Mais la question qu'on peut se poser est plutôt : Qui cherche cette flambée du prix ? ou encore : "A Qui profite le crime ?" (vielle question qui remonte au temps des romains !).

Pourquoi le prix du baril augmente ?

La hausse de la consommation mondiale ? Les craintes portant sur une baisse des réserves pétrolières américaines ? Les problèmes géopolitiques au proche orient ?
En tout cas c'est exactement ce qu'on entend dans les "grands" médias.
La réalité c'est autre chose. Ce sont les marchés financiers qui fixent le prix du baril du pétrole et ce n'est pas seulement pour les raisons qui sont citées plus haut. Ce sont les oligopoles pétroliers comme Total, BP, ExxonMobil, Shell, etc. (la liste est très courte), qui préfèrent racheter leurs actions et distribuer les dividendes plutôt que d’investir dans de nouvelles raffineries. C'est cette sous capacité de raffinage renforcée par la spéculation financière qui voit (sans doute) dans le pétrole un bon refuge pour absorber les pertes de la dernière crise immobilière américaine qui fait monter le prix du baril.
En gros
, un petit nombre de spéculateurs profite actuellement du comportement moutonnier (comme disait Keynes) qu'on observe dans les marchés financiers, pour faire augmenter le prix du baril du pétrole et pour, tout simplement, avoir plus de profits et augmenter leurs rentes.

Ceux qui ne profitent pas du tout de cette hausse sont les citoyens. Toujours les mêmes.
Mais s'il y avait un seul point positif par rapport à cette affaire, ce serait la prise de conscience que commencent à avoir les gens par rapport à leur consommation d'énergie.

La coupe est pleine

Lorsque j'entends des ministres dire qu'il va falloir s'habituer à la hausse du prix du pétrole, ça me fait mal au cœur. Et là je n'hésite pas à espérer une vraie crise financière à l'échelle de la planète. Pas celle qu'on a connue récemment. Une crise majeure comme celle de 1929 par exemple où les états reprendront leur rôle pour défendre leurs économies et leurs peuples.

"Le fleuve le plus abondant ne peut ajouter une goutte d'eau à un vase déjà plein"
Léon Tolstoï

mercredi 24 octobre 2007

Le nouveau Traité européen : de la démocratie dans le monde moderne

Le 29 Mai 2005, une majorité des Français ont voté contre le "traité établissant une constitution pour l'Europe". A part les électeurs de l'extrême droite, ceux de gauche ne sont pas en principe contre un traité ou une constitution pour l'Europe. Ces gens là ont voté contre le fait d'officialiser dans une constitution la doctrine libérale européenne de ces trente dernières années.
En Décembre 2007, les parlementaires, qui sont censés les représenter, vont voter pour le "nouveau traité européen" ou "traité européen simplifié" ou encore "traité modificatif".

En quoi est-il simplifié ce nouveau traité ?
Le but ici n'est pas de rentrer dans les détails pour savoir les points qui sont supprimés et ceux qui sont ajoutés par rapport au traité de 2005. Ce serait trop long pour moi de faire cela. Je donnerai quelques liens à la fin du texte et le lecteur pourra bien sûr se renseigner lui même sur internet.
Je m'arrêterai par contre sur quelques citations de quelques dirigeants européens concernant le nouveau traité (http://www.agoravox.fr) :

Allemagne
"La substance de la Constitution est maintenue. C’est un fait."
Angela Merkel, chancelière d’Allemagne, The Daily Telegraph, 29 juin 2007

Espagne
"Nous n’avons pas abandonné un seul point essentiel de la Constitution... C’est sans aucun doute bien plus qu’un traité. C’est un projet de caractère fondateur, un traité pour une nouvelle Europe."
Jose Luis Zapatero, Premier ministre du Royaume d’Espagne, discours du 27 juin 2007

Irlande
"90% [de la Constitution] sont toujours là... ces changements n’ont apporté aucune modification spectaculaire à l’accord de 2004."
Bertie Ahern, Premier ministre de la République d’Irlande, Irish Independent, 24 juin 2007

République tchèque
"Seuls des changements cosmétiques ont été opérés et le document de base reste le même."Vaclav Klaus, président de la République tchèque, The Guardian, 13 juin 2007)

France

"Toute la Constitution est là ! Il n’y manque rien !"Jean-Louis Bourlanges, ancien membre de la Convention sur l’Avenir de l’Europe, député européen (UDF), France Culture, 24 juin 2007

Autriche
"Le traité pour une Constitution a été conservé en substance." Site du gouvernement de la République d’Autriche, 25 juin 2007

Lituanie

"La Lituanie a rempli 100% des objectifs qu’elle s’était fixés avant la réunion, y compris celui essentiel du maintien de la substance du Traité constitutionnel." Bureau du président de la République de Lituanie, communiqué de presse


Référendum ou parlement ?

Le vote va se faire par voix parlementaire. Les arguments (en France en tout cas) qui justifient cela sont plusieurs. Parmi lesquels :

Ce n'est plus une constitution mais un traité

C'est faux. Et même si c'était vrai, il y avait bien un référendum pour le traité de Maastricht en 1992. On voit bien la rhétorique de nos dirigeants.

C'était déjà dans le programme de campagne du président Sarkozy
C'est faux. Sarkozy disait qu'on allait garder que les points sur lesquels tout le monde était d'accord (un mini traité). En plus, le projet final du "nouveau traité" a été publié le 20 Octobre dernier (six mois après l'élection de Sarkozy).

La majorité des Français sont des "Citoyens lambda", c'est trop compliqué pour eux
C'est quelque chose qu'on dit en "off". Je l'ai entendu. C'est sûr que les technocrates de la commission européenne détestent les référendums populaires. Il y a même des branches de l'aristocratie Française qui veulent rétablir la monarchie.

La voix parlementaire pour ratifié un traité européen, y a pas mieux !

Voici un texte que j'avais écris en 2005 :
C'est dans http://najib.gadi.neuf.fr/TCE/


Une semaine après le vote Français, les pays qui avaient choisi la voix parlementaire, ont dit tous "oui" à ce traité. Alors là je me suis amusé à aller sur internet pour chercher les scores. Attention, c'est parti :
- Lituanie (le 11 novembre 2004) : 84 parlementaire pour; 4 contre; 3 abstentions mais surtout 50 parlementaires n'ont pas trouvé de raisons suffisantes pour être présents au moment du vote ! (92% pour le "oui")
- Hongrie (le 20 décembre 2004) : 322 parlementaires pour; 12 contre; 8 abstentions (94% pour le "oui")
- Slovénie (le 1er février 2005) : 79 parlementaires pour; 4 contre; 7 abstentions (88% pour le "oui")
- Italie (le 06 avril 2005) : 436 parlementaires pour; 28 contre; 5 abstentions et 217 sénateurs pour contre 16 (presque 94% pour le "oui")
- Slovaquie (le 11 mai 2005) : 116 parlementaires pour; 27 contre; 4 abstentions (79% pour le "oui")
- Grèce (le 19 avril 2005) : 268 parlementaires pour; 17 contre (90% pour le "oui")
- Autriche (le 25 mai 2005) : 182 parlementaires pour; 1 contre (99,45% pour le "oui")
- Allemagne (le 12 mai 2005) : 569 parlementaires pour; 23 contre; 2 abstentions (95% pour le "oui")
- Lettonie (le 02 juin 2005) : 71 parlementaires pour; 5 contre; 6 abstentions (86% pour le "oui")

- Espagne (le 20 Février 2005) : par référendum mais seulement 42% des électeurs ont voté, (76% pour le "oui")
- France (le 29 Mai 2005) : par
référendum, 69% des électeurs ont voté (55% pour le "non")
- Pays Bas (le 01 Juin 2005) :
par référendum, 63% des électeurs ont voté (61% pour le "non")

Quelques liens

http://www.traite-simplifie.org/
http://dsedh.free.fr/transcriptions/Cassen179.htm

Il ne faut pas subir la réalité, il faut la changer. Il ne faut pas oublier le passé, il faut l’écouter. Et il ne faut pas accepter l’avenir, il faut l’imaginer



jeudi 11 octobre 2007

Le Sarkozysme : une des étapes extrêmes du Fordisme ?

LE FORDISME

Il y a presque un siècle Henri Ford fondateur de l'entreprise qui porte son nom, inventa ce qui s'est jadis appelé le "fordisme". C'est un mode d'organisation de l'entreprise qui avait été théorisée par le président américain Roosevelt avec le "New Deal" après la crise financière de 1929 et qui avait pour but d'accroître la productivité au sein de l'entreprise. Pour atteindre ses objectifs, Ford proposa un nouveau mode de travail pour ses ouvriers en mettant en place notamment le travail à la chaîne et une certaine militarisation de l'entreprise. En contrepartie, il augmenta leurs salaires (5 dollars/jour contre de 2 à 3 dollars auparavant). Mais en réalité le "deal" de Ford était le suivant : s'il augmentait le salaire de ses ouvriers, ces derniers pouvaient acheter ses voitures, et s’ils achetaient ses voitures, il aurait une augmentation du marché des voitures et donc il pourrait baisser les prix et ses ouvriers pourraient acheter encore plus de voitures.
Je pense que ce cercle vicieux est encore d'actualité aujourd'hui. Il s'est "dégradé en fait. On n'a qu'à voir ce que proposent les constructeurs automobiles français à leurs salariés. PSA, par exemple, leurs propose de changer leurs voitures deux fois par an à des prix intéressants. Si on compte les filiales, le nombre de ses salariés est d'à peu près 200 000 => jusqu'à 400 000 voitures vendues par an juste pour les collaborateurs (Dans le monde PSA a vendu 1,96 millions de voitures en 2006).
http://www.developpement-durable.psa.fr/social/emploi/indicateurs.htm

En contrepartie, et c'est là le problème, les nouvelles organisations, très strictes, au sein de l'entreprise ont poussé certains salariés de PSA jusqu'au suicide. Voici ce qu'on peut lire dans :
http://www.lefigaro.fr/economie/20070716.WWW000000535_nouveau_suicide_chez_psa.html
"un salarié de l'usine PSA de Charleville-Mézières s'était donné la mort à l'extérieur, mais en invoquant ses conditions de travail dans une lettre d'adieu."

LE SARKOZYSME

Le sarkozysme c'est autre chose. Contrairement à Ford, Sarkozy (en un bon ultra-libéral) veut favoriser ouvertement et directement les plus aisés de la société. Et ceci a pour but, d'après ce qu'il dit, de stimuler la croissance et donc la création des emplois.
Il le dit clairement : avec le bouclier fiscal, la suppression des cotisations "charges" sociales des entreprises sur les heures supplémentaires, on va aider ses entreprises à se développer, à être plus compétitives, etc. Ceci est pour le pouvoir d'achat des Français si on croit Mr Sarkozy.
Un seul exemple :
L’Observatoire des inégalités a publié récemment les estimations de l’Assemblée nationale concernant le bouclier fiscal : les 1 000 Français les plus aisés dont la fortune est supérieure à 15,5 millions d’euros profiteront d’une baisse d’impôt de 270 000 euros chacun.
Voici le rapport

En écrivant ces mots, je pensais à la phrase idiote du président américain G. W. Bush : « seule la croissance des pays riches assurera le développement des pays pauvres ». C’était dans un entretien au « Monde ».
Voici l'article

mardi 4 septembre 2007

Les Français travaillent moins et mieux

Qui ose dire encore que la France est à la traîne et que les Français sont des fainéants ? Selon le rapport bisannuel du BIT sur les indicateurs-clés du marché du travail (ICMT) basé sur les données de 2006, les travailleurs français arrivent en 3e position de la productivité horaire mondiale, derrière les Etats-Unis et la Norvège.

En une heure, un travailleur américain et un travailleur français produisent quasiment la même quantité de richesses : en 2006, la production horaire du Français était de 35,08 $ (25,68 €) contre 35,63 $ (26,07 €) pour l'Américain. En outre, le PNB (produit national brut) par heures travaillées en France a augmenté de 2,2% en moyenne annuelle entre 1980 et 2006, contre 1,7% aux Etats-Unis.
Quant à la production horaire du travailleur norvégien, numéro un mondial, elle s'élève à 37,99 $ soit 27,73 €.

Par contre, en terme de productivité par travailleur, la Norvège ne suit plus mais la France arrive en 5e position derrière la Belgique, le Luxembourg, l'Irlande et les Etats-Unis. Un écart qui s'est visiblement creusé depuis la mise en place de nos 35 heures : "En 2006, la productivité par travailleur en France atteignait 85% du niveau des Etats-Unis alors que, six ans plus tôt, en 2000, la France atteignait 89% du niveau américain". Le Bureau international du travail note toutefois que l'écart a également continué de se creuser au cours des dernières années entre les Etats-Unis et la plupart des pays développés...

Durée du travail : un faux procès


Si le travailleur américain est, depuis des années, champion du monde de la productivité, la différence se joue sur le nombre d'heures au travail. Le rapport note qu’"il y a beaucoup plus d'heures travaillées par an et par personne aux Etats-Unis que dans la majorité des économies européennes. [...] Les Américains ont travaillé en moyenne 1.804 heures au cours de l'année 2006, et les Français 1.564. La tendance est à la baisse du nombre d'heures travaillées dans les deux pays, mais elle est plus nette en France : en 1999, les Américains travaillaient 1.853 heures dans l'année contre 1.630 pour les Français".

Conclusion : le Français travaille moins en terme de durée, mais tout autant en terme de rentabilité. Quand on sait que les salariés américains bénéficient de seulement 15 jours de congés par an et que 20% d'entre eux bullent au boulot, on s'aperçoit que le «travailler plus longtemps» a ses limites. Des journées trop longues, pas assez de temps pour soi et des vacances insuffisantes contribuent à émousser quelque peu l'entrain, voire la motivation...
De plus, accuser les Français de travailler moins que les autres est une imposture car, en réalité, la durée moyenne du travail en France n'est pas inférieure à celle de nos voisins et nos amis Norvégiens, premiers du classement BIT sur la productivité horaire mais absents du "top 5" de la productivité par travailleur, bossent encore moins longtemps que nous !

Le taux d'emploi pèse sur la productivité

Pourtant, des esprits fâcheux estiment qu'il faut que nous augmentions à la fois notre productivité horaire et notre productivité par travailleur pour battre enfin les Etats-Unis... Mais à quoi bon être les champions du monde si c'est pour le faire au détriment de cette qualité de vie que la planète entière nous envie ?

Autre détail qui tue : derrière le «travailler trop peu», il peut aussi s'avérer qu’une trop faible part de la population en âge de travailler occupe un emploi. On appelle cette proportion le taux d’emploi global et en France, il brille par sa faiblesse : 63,1% en 2005... Dans l'UE15, seules la Grèce (60,1%) et l’Italie (57,6%) étaient en dessous ! Ne nous voilons pas la face : en excluant les jeunes et les seniors, le chômage français a des incidences notables sur notre productivité. Donc, le «travailler davantage» doit avant tout se traduire par : être plus nombreux en emploi de qualité, afin d'augmenter le volume global de travail réalisé dans notre économie. C'est une question de bon sens. Pointer du doigt les 35 heures ou augmenter l'âge légal du départ à la retraite ne sont que fausses considérations.

sources :
http://www.actuchomage.org/
Organisation Internationale du Travail